La guerrière qui se déguisait en homme

le silat - une hérpïne du temps jadis

 

le silat - carte monde malais

 

le silat - tun fatimah la guerière

A l’aube du 16ème siècle, en Extrême-Orient, le port de Melaka fut un point stratégique d’échanges maritimes dans la région. La ville prospéra de ce commerce mais attisa bientôt l’expansionnisme européen.

Qui tient Melaka, tient la gorge de Venise.

C’est dans ce contexte que Seri Tun Muhatir, le premier ministre du royaume ou Bendahara, vit la naissance de sa fille Fatimah qui recevra plus tard le titre honorifique de « Tun », plus haute distinction dictée par le sultan. En grandissant, elle manifesta un don unique dans l’art de combattre, devint une véritable guerrière et surtout, une très belle femme.

Elle fut l’objet de bien des convoitises, notamment de celle du Sultan Mahmoud qui demanda sa main. Un tel mariage harmoniserait l’équilibre des pouvoirs mais l’ambition politique de son père était tout autre et il maria Fatimah à un guerrier inconnu, Tun Ali, compagnon d’armes du frère aîné de Tun Fatimah : Tun Hassan Temenggung.

L’année 1509 connut l’arrivée des premiers négociants portugais conduits par Diego Lopez de Sequeira. Déguisée en homme, aux côtés de son frère et de son mari, Fatimah se joignit au combat des colons qui fuirent devant l’ardeur martiale de la « Tun ».

Malgré cette victoire, le sultan fou de jalousie complota contre le père de Fatimah, le poursuivit pour trahison et le condamna à mort… Lui et tous les hommes de sa famille.

Seule survivante et contrainte au mariage, Fatimah épousa le sultan et chercha par la même occasion un moyen de rétablir l’honneur de sa famille. Mahmoud ne la verra jamais rire. Ni même sourire.

Plus tard, Fatimah maria leurs enfants aux familles royales avoisinantes créant ainsi des liens diplomatiques durables. Elle assura ainsi la lignée dynastique de sa progéniture. En 1511, les portugais revinrent à Melaka, mais cette fois ci préparés au combat. Craignant de nouveau l’intervention de la guerrière. La flotte d’Alfonso Alburquerque, en supériorité numérique, dérouta les troupes malaises lors de batailles cinglantes et contraignit le sultan et sa cour à l’exil.

Aux commandes de Fatimah, les malais tentèrent plusieurs fois de reprendre leur ville aux portugais mais sans succès.

Accablée, Fatimah mourut de fièvre et de chagrin. Reconnue comme « l’esprit de Melaka », elle laisse aujourd’hui la trace d’une femme fidèle et d’une loyauté sans faille.


Bibliographie

  • Nouvelles orientations de la recherche sur l’histoire de l’Asie portugaise.
  • Acte de colloque, fondation Calouste 1997.
  • Les sultanats de Malaisie : Laurent Metzger. L’Harmattan.

Article réalisé par Rose, le 14 juillet 2011